LES TRANSPORTS EN BUS

   Une grande partie de notre temps s'est passé dans les bus. On en a pris une centaine cette année en partageant le quotidien des locaux. Je voudrais vous montrer les quelques différences d'un pays à l'autre.

     Au Costa Rica et Panama

     Les bus sont très confortables sauf peut être dans certains coins reculés. On paye directement au chauffeur ou à l'avance dans un guichet.  Les clients montent ou descendent tranquillement. Le bus s'arrête en général à un arrêt bus ou parada. Il n'y a jamais de marchands ambulants, certains essaient de vendre depuis l'extèrieur du bus. Les gros bagages sont toujours bien rangés dans la soute.

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   Au Nicaragua, El Salvador et Guatemala

    Ce sont des bus très colorés, souvent des anciens bus scolaires jaunes américains. Ils ne sont pas toujours bien confortables, ce sont parfois des casse- culs... Souvent vieux, surtout à l'intérieur. Au Guatemala on en a vu avec le sol percé tant il était rouillé.

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                                           Bus du Nicaragua

 

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                         Bus du El Salvador

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                              Bus du Guatemala     

     Il y a toujours deux personnes, le chauffeur et son acolyte qui fait rentrer et sortir les clients en les poussant ou les tirant pour que ça aille plus vite. Ils sont continuellement pressés. Entre deux arrêts, il fait payer les gens. Il doit se rappeler ceux qui ont déjà payé, je me demande encore comment ils font. Ici, pas de parada, les gens descendent où ils veulent, parfois à 200m de distance. Donc, le bus s'arrete tout le temps. Dans les villes ou villages, dès que le bus s'arrete, des vendeurs s'engouffrent à l'intérieur en se bousculant pour vendre leurs marchandises en tout genre. Parfois on a droit à la lecture d'un passage d'Evangile et à la Bonne Parole, ou une demande d'aide pour quelqu'un de malade, ou tout autre chose, un clown vient pour faire rire les voyageurs.

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     Ces bus sont archis pleins. Il est écrit le nombre de places assises et presqu'autant debout. Parfois on peut rester debout bien longtemps, mais on espère toujours que la personne près de soi va s'en aller. Non, ce n'est pas pour le moment! Et quand elle se lève, il y a bousculade, on joue des coudes pour arriver le premier sur le siège. Au Guatemala, sur les sièges pour une personne, on en met 2, et pour ceux pour 2 personnes on en met 3... Il ne faut pas être trop gros.( Ce n'est d'ailleurs pas le cas des Guatemaltèques, à côté des autres pays)

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     La plupart du temps, nos gros sacs sont casés au fond du bus, ou sur le toit. En plus des énormes sacs de riz, de maïs, de légumes ou autre qui encombrent l'allée du bus, il y a parfois des animaux. On a vu un homme caressant tendrement son coq, un autre avec son lapin, ou bien encore un gros carton avec des poussins. Il y a du monde dans ces bus, mais le plus gênant, du moins pour moi, ce fut la musique forte, trop forte,  répétitive et moche. C'est parfois odieux, et j'ai du à plusieurs reprises me boucher les oreilles.

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     Au Honduras

     Beaucoup de minibus et des vans, car les routes sont assez mauvaises, pleine de nids de poule. Il y a aussi de gros bus très confortables de différentes compagnies, mais ils ne font que des grands trajets. Les vans sont souvent bondés, on est alors super serrés, alors que les bus peuvent être vides. Ce fut le cas pour nous entre El Trujillo et La Ceiba où nous n'étions que 4... Avant d'entrer dans les bus de grosses compagnies, on nous fouille sacs et corps. Le chauffeur est le plus souvent seul, et fait payer à la fin du trajet.

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 Je viens de trouver ce texte écrit par un voyageur qui retrace exactement ce qu'on a ressenti. Si vous avez du temps, lisez le.

      "La gare routière est l 'endroit le plus bruyant que j' ai vu. Les gens qui y passent - pour quelques heures ou minutes - ne se font pas discrets. Il y a d´abord les nombreux bus, prêts a partir, ou prêts a se garer après leur trajet, qui klaxonnent dans tous les sens pour indiquer leur trajectoire. Il y a ensuite ceux qui aident les chauffeurs de bus, ce sont eux qui nous font payer une fois montés a bord. Ces messieurs (nous n 'avons jamais vu de femmes), quand ils sont à l 'arrêt, doivent trouver le temps long. Ils crient a tue tête la prochaine destination de leur bus, comme s' ils voulaient séduire les voyageurs aux alentours. Tiens, le gars qui crie Managua, il a une belle voix, et si on y allait ?

     Enfin il y a les marchands ambulants. Les plus jeunes ont 6 ou 7 ans, les plus vieux dis fois plus. Ils se promènent avec un panier sur la tête ou a la main, en criant le plus fort possible son contenu, et parfois son prix. Vous avez oublié vos pommes ? vos serviettes en éponge ? vos sucreries a la noix de coco ? Aux cacahuètes ? votre choux au vinaigre ? votre poulet ? Des Mr Freeze improvisés dans un sachet plastique ? vos tomates ? Un coca ou un jus d´orange ? Des beignets au fromage ? A l 'ananas ? Pas de panique, ici, vous trouverez de tout, il suffit de comprendre ce que crient ces braves gens, en sueur, et de tendre un "cordobito" (un "tout petit cordoba").

      Les odeurs ne sont pas tristes non plus. Par contre elles sont plus difficiles à décrire. Imaginez tous ces produits précédemment cités en mode "pourrissage" et vous obtiendrez un aperçu de l' odeur d 'une gare routière.
Vous vous faufilez entre les bus, des messieurs vont forcement venir vers vous pour vous proposer 1001 directions, plus ou moins éloignées de votre objectif principal. Ça y est, il est la, le bus pour Chinandega, et il part dans 15 minutes, normal il y en a un toutes les demi heures, il faut dire que dans une gare routière, ca grouille de partout, et ca ne chôme pas.

      Vous voila dans le bus, et vous avez une place assise. La transpiration de vos cuisses inonde votre siège, mais bon, tout le monde est dans le même sac. Vous retrouvez l 'agitation de la gare des bus également à l' intérieur des bus : choux, tomates, coca, coco, serviettes, beignets, j'en passe et des meilleurs, si vous n' avez pas eu le temps avant, vous pouvez donner une piécette à ces plus ou moins jeunes vendeurs et alléger ainsi le panier de fortune qui trône sur leur tête.
       Le bus démarre. Qui dit démarrage, dit musique. Aie, la musique sort trop fort. Vous vous dites que le chauffeur va se precipiter sur le bouton du volume pour réparer son erreur et arrêter de vous casser les oreilles avec cette musique assourdissante. Que nenni... il n' en fait rien, et personne ne réagit. Tout le monde semble trouver le niveau sonore de cet engin normal. Les bébés endormis sur les épaules des parents ne bronchent pas. Tout est "normal"
       Le bus est plein. Très plein même. Il vous parait d 'ailleurs, un peu trop plein. Un petit panneau face à vous vous rassure cependant sur la securite "The safety of your children is our business". Tiens, de l 'anglais ? Ah oui, on vous a pas dit. Les bus utilisés ici sont les bus scolaires deglingués que les USA ont décidé de remplacer depuis des lustres. Ils les revendent ici. Pratique non ? Premier arrêt, vous vous dites, tous ces pauvres gens debout vont avoir plus de places quand des gens vont descendre. Mais à votre plus grande surprise, personne ne descend. J' ai loupé ma phrase. Je voulais dire, non seulement personne ne descend, mais en plus, voila 8 autres personnes qui montent. La dernière est une petite dame avec un bébé qui a à peine quelques mois. Elle lutte pour mettre son sac en haut, sur l 'étagère qui va bientôt craquer. Ni une, ni deux, vous lui proposez votre siège. Elle vous remercie d´un sourire et les grands yeux de son bébé semblent vous remercier également. Vous voila debout, parmi deux bonnes dizaines de personnes qui aurait du trouver quelque part un siège. Manque de pot, il y a pile sous votre tête.. le haut parleur. Ah ben oui, avec un volume pareil, il faut bien qu 'il y ait un peu partout des hauts parleurs.  Debout, c' est sympa, mais c' est moins sympa quand le bus ne roule pas sur une route goudronnée mais sur un chemin de terre caillouteux. Les gens dans lesquels vous butez sont compréhensifs, d' ailleurs ils ne disent rien. Une dame vous propose de vous faire un peu de place sur son siège. Manque de pot, c' est une dame d' ici, et elle est donc plutôt grosse. Malgré tout, poser une demi fesse sur ce rebord de siège vous permet de soulager votre dos quelques temps. Ensuite, ce sera aux abdos de faire leur boulot.

     Cinq arrêts plus loin, la gentille mais néanmoins grosse dame à côté de vous se lève, vous libérant ainsi davantage d' espace qu' il vous en faut. Vous invitez à votre tour une dame debout, à s' asseoir. Vous posez vos genoux sur le dossier de devant pour soulager votre dos, oubliez vos cheveux collés dans vos yeux, la peau moite et les chansons romantiques qui hurlent dans vos oreilles ("lo sientoooooooo mi amoooooor", "desolé mon amour") et vous.. vous endormez. Pas de risque de louper votre arrêt, parce qu' au moment de payer vous avez demandé au mec qui s' occupe de ça de vous avertir quand vous serez arrivés. Ben oui, vous, vous ne connaissez pas, ici. Quand vous vous réveillez, le soleil a déjà bien entamé sa descente. Ce n´est plus une dame mais un monsieur qui est assis à côté de vous. Les enfants qui se retournent pour vous observer ne sont plus les mêmes. Vous demandez a votre voisin dans combien de temps on arrive à Chinandega. Chinandega ? répond il en rigolant, mais c' est passé depuis un moment !
Ah ben oui... le mec vous a oublié. Il va vous falloir sortir de ce bus au plus vite, en prendre un dans l' autre sens jusqu' à votre destination finale. Repayer le trajet, ce qui n´est pas très grave, et s' accrocher aux barres multicolores parce que sans aucun doute, vous serez debout, ce qui au final n' est pas très grave non plus. Vous avertissez le jeune homme qui vous a oublié. Il se marre. Ben oui, au final, c' est un peu chiant pour vous mais rien n' est grave !"